En murissant on prend en considération de nombreux faits, qui soumis à l'analyse, remettent violemment en cause cette analyse à tout prix.
Je déteste qu'on vienne me demander la charité. Et je hais par dessus tout que l'on me dise "j'ai quatre enfants à nourrir", ou "ça fait 2 ans que je suis au R.M.I." ou ce genre de conneries. Pourtant en allant acheter des filtres, au début de l'année, un type avec un bonnet me demande "z'auriez pas une p'tite pièce, c'est pour manger..." Effet de la franchise : je lui ait donné. Je lui file ma monnaie à chaque fois que je suis a court de feuilles ou de filtres. Et un jour il a enlevé son bonnet. Perte des cheveux. Je remarque la main droite boursoufflée, et les dents très déchaussées. J'ai eu pitié de lui. Vraiment. Et ça me ressemble pas. Je hais cela, parce que finalement je me suis un peu attaché à ce type. Ca me fait mal de me dire qu'il tartine à l'héro.
Finalement comment considérer ça :
-Soit faiblesse de l'instinct de vie primordial, mort du désir, point de vue nihiliste.
-Soit faiblesse de la société, manque d'entre-aide, point de vue socialiste.
-Soit faiblesse congénitale, individu prédisposé, destin génétique, point de vue matérialiste.
Des expériences sur les singes ont prouvé qu'une prédisposition génétique aux comportements addictifs ne suffit pas à une récurrence quasi-irrémédiable du phénomène (car les gènes responsables ont été en partie identifiés, cf. Pr Schwan), mais qu'une souffrance personnelle (causée par l'autre, le corps social) est une condition statistiquement essentielle et causant une mort de l'"instinct de vie".
Conclusion : je me perd, mon jugement s'égare, mon surmoi me dit de faire quelque chose pour lui. Merde. Qu'il continue à ce tuer, cela m'épargnera l'espoir de le voir aller mieux, qui est finalement la mort de la raison.
Bonne nuit et faites de beaux rêves mes rares lecteurs.


